... Agathe, en dépit de votre jeunesse votre parcours est d'une grande richesse.
Je suis née à Saint-Etienne, et après un baccalauréat scientifique, j'ai étudié à
l'Ecole des Beaux Arts.
Parallèlement, j'ai été mannequin depuis l'âge de 14 ans, ce qui m'a permis de
voyager en Chine notamment, de connaître le monde de la mode...
... Et de découvrir la photographie ?
Peut être deux mois après l'obtention de mon DNAP (Diplôme National d'Arts
Plastiques), j'ai été sélectionnée pour faire partie d'un concours organisé par
Rouch Intermodal, filiale du groupe SNCF, baptisé le "Trophée Palette", où treize
artistes étaient chargés de présenter leur vision de cette société... J'ai alors
réalisé une relecture de calendrier Pin-Up et appelé cette série photographique
" ROUCH EN 12 MOI ! ".
Vous vous y mettez en scène devant et derrière l'objectif avec beaucoup d'esprit et une grande liberté. Le jury vous décerne le premier prix, vous voilà lauréate à 21 ans...
J'ai été surprise et touchée, car jusqu'alors j'avais utilisé divers médiums sans
particulièrement privilégier la photographie.
Cette oeuvre a d'ailleurs connu un franc succès...
Elle a été achetée par Voyages SNCF.com, éditée par Rouch, présentée sur leur
site et elle a intégré les collections du Musée Galliéra et de la bibliothèque
Roméo Martinez (Maison Européenne de la Photographie)... Elle m'a aussi permis
de réaliser par la suite une exposition personnelle dans la vitrine de Leroy Merlin
Beaubourg.
Ces deux expériences vous ont, semble-t-il, libérée...
Elles m'ont aussi fait prendre conscience que je devais parfaire ma technique.
En effet, la photographie semblait me convenir, me réussir même, alors que je
ne connaissais rien au fonctionnement d'un appareil photo...
C'est un paradoxe amusant, mais vous êtes depuis titulaire d'un CAP Photographie...
Oui, j'ai suivi une formation accélérée d'un an. C'est une aide précieuse
pour mon travail actuel d'assistante sur des séries mode publiées dans des
magazines internationaux comme le "Harper's Bazaar", "L'Officiel" ou le "Elle".
Cela me permet aussi de me perfectionner sur le plan technique, de réaliser
des images en backstage et de mener mes propres recherches.
De quelle manière vous est apparue l'idée de prendre des photographies sous-marines ?
D'un point de vue plastique, Philippe Halsman m'a beaucoup inspiré. Il prenait des
portraits de personnalités sautant en l'air. J'ai voulu, à mon tour, travailler sur
l'apesanteur, j'ai alors choisi l'univers aquatique. Je voulais en quelque sorte
célébrer l'élément Eau. J'ai réalisé une séance en piscine avec prise de vue
sous-marine avec un mannequin et une autre avec l'eau pour seul sujet.
Je cherche à travailler cet élément comme une matière plastique. L'eau pourrait
être cristal, métal, air, flamme, neige... On ne sais plus...
Egalement, la préservation des ressources naturelles est un sujet qui me tient
particulièrement à cœur, j’ai travaillé en collaboration avec l’UNICEF, pour
collecter des fonds avec mes images lors de la Nuit de l’Eau, l’ONG s’occupe
d’assainir les réseaux d’eau potable et d’en assurer l’accès aux enfants issus de
populations défavorisées.
Propos recueillis par Maître Philippe ANCELIN
Commissaire-priseur, Directeur de DROUOT ESTIMATIONS